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Association du
Flambart de Locquémeau

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L'age d'or

Le port de Locquémeau, à la pointe de Séhar est, entre 1880 et 1950, le centre de gravité de la baie de Lannion.

La sardine abonde alors dans les eaux du littoral trégorrois. De Juin à Octobre, sa capture constitue l'activité exclusive des pêcheurs locaux. Au plus fort de la période sardiniére, soixante-dix à quatre-vingts flambarts accostent chaque jour à Locquémeau. L'activité est intense : trois cents à quatre cents matelots envahissent les cales et les bistrots du port.

Avec ses deux cales bien abritées des vents de Noroît, Locquémeau est le seul port de la baie à offrir une véritable infrastructure d'accueil. En 1918, deux sardineries, les maisons Armelin et Collet se sont implantées près des points de débarquement, employant une centaine de personnes. Elles jouent un rôle essentiel, car outre la transformation du poisson, elles assurent également tous les besoins matériels des pêcheurs : vente de filet et de ''rogue'', l'appât.

3 hommes d'équipage

En ce début de siècle, la sardine se déplace en bancs si nombreux que les bateaux sortent deux fois par jour à la belle saison : à l'aube et au coucher du soleil, aux heures où le poisson est le plus gourmand.

Les flambarts sont des chaloupes non pontées, évoluant avec près de 70 m² de toile. Ils sont pratiquement tous issus des chantiers Collet à Locquémeau ou Sibiril à Carantec.

Armés par trois hommes, le voilier est demâté en pêche. Tout l'équipage participe à la remise en place du mât de misaine,et c'est l'heure du retour . Les derniers filets droits en coton, lourdement chargés, sont débesqués et l'on prépare le débarquement du poisson qui doit être impeccable, la réputation du bateau en dépend. C'est aussi l'occasion de régater pour arriver les premiers à la cale. Aux premiers arrivés, les meilleurs prix !

L'hiver

En hiver, les flambarts de Locquémeau pratiquent la récolte du goémon et du maërl, destinés à enrichir les terres agricoles de la ceinture dorée du Finistère et des Côtes-du-Nord.

Echoué à marée basse, le bateau est calé par des cailloux pour rester droit. Les femmes coupent le goémon, tandis que les hommes le transportent au bateau à l'aide de civières.

A la marée haute, les voiliers surchargés rallient la côte. Les naufrages ne sont pas rares, hélas. Au maërl , les bateaux sont couchés sur le flanc pour faciliter le chargement. Goémon et maërl sont débarqués à Lannion, après avoir remonté la rivière.

La fin d'une époque

Après la Seconde guerre, la motorisation, la disparition de la sardine et les engrais chimiques ont sonné le glas de la flotille.

DE LA "MARIE" A "BARR AWEL"

Dans le cadre du concours Bateaux des Côtes de France, la municipalité de Trédrez-Locquémeau se lance dans l'aventure de la construction d'une réplique d'une chaloupe sardinière de la baie de Lannion, appelée ici flambart.

La Marie

Ce sont quelques photos jaunies de la ''Marie'', mais aussi les souvenirs des pêcheurs locaux qui serviront de base à la construction. La ''Marie'' a été lancée en 1928 par le chantier Sibiril. Longue de 6,90m, large de 2,50m, pour un tirant d'eau d'1,40m, elle supporte 67m ² de voilure.

Les plans furent discutés avec le chantier Rolland du Diben, qui avait conservé des gabarits. Trois générations de Rolland seront présents lors de la construction. Tout équipé, le coût avoisinera 320.000 F. Le Conseil Général, la commune, la Région , le Pays de Trégor mettront la main à la poche pour environ la moitié. Le reste sera trouvé par l'Association, par l'organisation de fêtes et grâce au parrainge.

Mise à l'eau

Son nom a été choisi par les enfants de l'école de Locquémeau, Barr Awel, coup de vent ! La construction fut achevée sur le port de Locquémeau et le lancement eut lieu le 14 juin 1992 à 19h00 . Et en route vers Brest 92...